Il y a ceux qui en parlent et ceux qui agissent - Durablissime c’est le Média de la transition écologique des décideurs des mondes de l'entreprise et de l'administration.

Train 1 – Avion 0

Le train à grande vitesse s’impose comme une solution de choix pour les trajets intérieurs de deux à quatre heures, surpassant l’avion. En Allemagne, cette tendance est encore plus prononcée, le TGV prend progressivement le pas sur la voiture, malgré un réseau autoroutier souvent cité en exemple. Avec Air France on a aussi un enjeu de souveraineté. Ce n’est pas le moment de négliger cet aspect compte tenu des grands enjeux actuels.

Voyages d’affaire et voyages d’agrément

En France, le marché des voyages et du tourisme est marqué par une prédominance des voyages d’agrément. En 2020, sur les 134,6 millions de voyages nationaux, 92,4 % étaient des voyages d’agrément, tandis que seulement 7,6 % étaient des voyages d’affaires. Le marché français des voyages et du tourisme devrait atteindre 19,69 milliards de dollars en 2023, avec une croissance annuelle prévue de 1,17 % jusqu’en 2027, pour atteindre 20,63 milliards de dollars. Les ventes en ligne devraient générer 76 % du chiffre d’affaires total d’ici 2027.

Train ou avion qui va gagner ?

En Allemagne, le secteur du tourisme est également dynamique, avec un chiffre d’affaires de 66,23 milliards de dollars en 2023, ce qui est significativement plus élevé que celui de la France. L’Allemagne est une destination majeure en Europe pour les voyages d’affaires, représentant 21 % de l’ensemble des voyages internationaux dans le pays. Plus de la moitié (54 %) des voyageurs d’affaires européens se rendent en Allemagne pour des foires, des expositions, des congrès ou des conférences, tandis que 40 % le font dans le cadre de déplacements individuels, et 6 % pour des voyages incentives.

En termes de voyages d’affaires, l’Allemagne attire de nombreux visiteurs grâce à son économie industrielle forte et sa présence significative sur la scène internationale des affaires. En France, le secteur des voyages d’affaires a été fortement impacté par la pandémie de COVID-19, avec une quasi-disparition des déplacements professionnels au profit des visioconférences. Cependant, le secteur montre des signes de reprise. En 2023, le chiffre d’affaires des voyages d’affaires en France devrait atteindre 28,5 milliards d’euros, soit 95 % de la dépense enregistrée en 2019. Cette reprise est principalement due à l’inflation des composantes du voyage d’affaires, telles que les billets d’avion et de train, ainsi que l’hôtellerie.

En résumé, bien que les deux pays aient des secteurs touristiques dynamiques, l’Allemagne se distingue par un volume plus élevé de voyages d’affaires et un chiffre d’affaires global plus important dans le secteur du tourisme. La France, quant à elle, attire davantage de touristes pour des voyages d’agrément, grâce à son riche patrimoine culturel et ses paysages variés.

Quelle place pour le train

Une étude menée par l’opérateur téléphonique O2/Telefonica et publiée par Spiegel, basée sur des données anonymisées de mobilité, révèle une préférence marquée des voyageurs allemands pour le train lors de leurs trajets entre grandes villes. Par exemple, sur le trajet Berlin-Munich, le train est choisi par environ 77% des voyageurs, contre seulement 3% pour l’avion et 20% pour la voiture ou le bus. Entre Berlin et des villes comme Cologne, Düsseldorf, Stuttgart et Essen, le train domine avec une part de marché de 70% ou plus.

Cependant, lorsque la liaison ferroviaire n’est pas à grande vitesse, la voiture reprend l’avantage, comme entre Dortmund et Francfort, où elle représente 55% des déplacements. L’avion ne domine que sur une seule liaison : entre Hambourg et Francfort, avec une part de 42%, principalement en raison des vols de correspondance vers les lignes long-courriers de l’aéroport de Francfort.

En Allemagne, le trafic aérien intérieur a considérablement diminué depuis 2019. Ce succès du TGV est porté par les lignes à grande vitesse, malgré des dysfonctionnements récurrents. Dans la plupart des cas, le temps total de parcours en train pour ces liaisons intérieures reste inférieur à celui de l’avion et, bien sûr, à celui de la voiture.

Le train en France

Le réseau du rail en France

Cette tendance est renforcée par une volonté croissante de voyager de manière écologique, tant de la part des consommateurs que des entreprises dans le cadre de leurs voyages d’affaires. En France, une récente étude de Trainline, le principal concurrent de SNCF Connect, montre que le rail peut être près de deux fois plus rapide que l’aérien pour des trajets inférieurs ou égaux à 2h30.

Finalement c’est le train qui gagne

En conséquence, dans les deux pays, le trafic aérien intérieur s’effrite rapidement. En Allemagne, le nombre de passagers pour ces vols a diminué de près de moitié (-48,5%) entre 2019 et 2024. En France, 20,2 millions de passagers ont utilisé un vol sur les lignes intérieures l’an passé, selon les chiffres de l’aviation civile (DGAC), contre 21,2 millions en 2023 et 26,7 millions en 2019. Ce sont les lignes radiales (Paris vers province), où la grande vitesse ferroviaire est très présente, qui ont le plus souffert. La mobilité décarbonée progresse mais on n’y est pas encore.

En somme, le TGV s’impose comme une alternative écologique et efficace à l’avion et à la voiture pour les trajets intérieurs, contribuant ainsi à la réduction des émissions de carbone et à la promotion d’une mobilité décarbonée.

 

Newsletter

Recevez notre newsletter

Durablissime ne laisse pas le débat aux activistes. Durablissime parle de ceux qui agissent à ceux qui agissent.
en vedette

L’écobuage : une pratique pastorale encadrée

Qu’est-ce que l’écobuage ?

L’écobuage, ou brûlage pastoral dirigé, est une technique ancestrale d’entretien des

Lire l’article

Publications connexes