Les vélos abandonnés, souvent laissés par leurs propriétaires, encombrent les espaces dédiés aux deux-roues dans les immeubles et dans nos rues. Ces vélos oubliés peuvent parfois être réutilisés grâce à des ateliers de réparation. Ceci a été observé à Charleville-Mézières.
Dans cette ville, un atelier de réparation a collaboré avec un syndic de copropriété pour récupérer et remettre en état des vélos abandonnés dans un local.
Ce qu’il faut savoir sur les vélo ventouses
Les bailleurs sociaux et les copropriétés privées sont régulièrement confrontés au phénomène des vélos abandonnés dans les espaces communs. Ces incivilités saturent les parkings et découragent l’utilisation du vélo. C’est bon à savoir mais oui, le syndic de copropriété a le droit d’enlever ces vélos et de les donner à des associations, après avoir informé tous les résidents.
Ah, la joie d’emménager dans une nouvelle résidence, au bord d’un lac et à quelques minutes d’un centre-ville animé. Harold, une habitant de Charleville-Mézières, ne pouvait rêver mieux. Mais cet amateur de vélo pour ses trajets quotidiens n’avait pas prévu que son immeuble serait une véritable décharge de vélos. « Il y avait des vélos abandonnés depuis longtemps, tout le monde se plaignait, raconte-t-il. Je n’avais presque pas de place pour le mien. Tous ceux inutilisés étaient entassés au fond du local. » Un sacré désordre, comme en témoigne une photo prise il y a quelques mois et que Harold nous a montré. Réparateur de vélos à ses heures, il a vu un grand potentiel de reconditionnement.
L’atelier de réparation a pu évacuer une trentaine de vélos entassés dans plusieurs parkings d’une résidence de la ville.

Sans hésiter, Harold a écrit au syndic de sa copropriété pour proposer de récupérer gratuitement ces vélos et de les remettre en état. « Le syndic a accepté, mais à condition d’évacuer tous les vélos abandonnés de la résidence. » L’opération s’est déroulée comme suit : le syndic a largement diffusé l’information auprès des copropriétaires et des locataires. Des étiquettes ont été attachées aux guidons des vélos avec ce message : « Si vous utilisez ce vélo, retirez-le ! »
Un délai de trois semaines a été accordé aux résidents pour récupérer leur bicyclette. Finalement, une trentaine de vélos n’ont pas été retirés, ce qui a ravi l’atelier de Lyon. « Il y avait de tout : des vélos vintage, des vélos de ville, quelques VTT… » Ces vélos délaissés, bien conservés, ont pu être remis en état et proposés à des prix abordables, allant de 80 à 250 euros.
La fast fashion attitude
Avec la hausse de l’usage du vélo dans les grandes villes, les bailleurs sociaux et les syndicats de copropriété sont souvent confrontés à des vélos abandonnés. Et si le vélo c’était aussi une sorte de fast fashion ? On achète rapidement, souvent subventionné, on utilise peu, et on jette. » Et parfois, ces vélos finissent attaché à un mobilier urbain rendant le nettoyage des rues plus difficile ou cachés dans le local à vélos de leur résidence.
Ce phénomène se produit souvent lors de déménagements. L’experte, qui accompagne de nombreuses copropriétés, estime que ces comportements résultent d’aménagements inadaptés. « Les locaux saturés deviennent peu à peu des dépotoirs. Plus les vélos sont inaccessibles, moins ils sont utilisés ou entretenus, alimentant ainsi le cycle de l’abandon. »
Que dit le droit
Les copropriétaires ont-ils le droit de retirer ces vélos abandonnés ? Une avocate spécialisée en droit immobilier explique que le vélo est considéré comme un bien meuble. « En l’absence de preuve de propriété, un bien meuble appartient à celui qui le détient. En d’autres termes, si je ne peux pas prouver que le vélo m’appartient, il appartient à celui qui le prend. »
Cependant, il est possible que les propriétaires de ces vélos se manifestent plus tard. Dans un autre cas, un atelier de réparation a dû rendre un vélo à un locataire qui a réclamé le sien, car l’information n’avait pas été suffisamment diffusée. Avant d’agir, il est parfois préférable de discuter en assemblée générale.
La plupart des bailleurs sociaux et des copropriétés se tournent vers des associations de réparation de vélos pour offrir une seconde vie à ces bicyclettes. Dans certaines villes, la demande est forte. Une association spécialisée dans le réemploi de vélos réalise plusieurs opérations d’enlèvement chaque semaine.
Ces vélos abandonnés soutiennent ainsi l’activité des acteurs engagés dans l’économie circulaire. Cependant, cela ne résout pas le problème à la source. Comment prévenir ces comportements ? L’experte propose de penser à un usage partagé, comme pour les résidents occasionnels, afin de désengorger les espaces communs. Une autre solution pourrait être la mise à disposition d’un kit de réparation pour faciliter l’entretien des vélos.
