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Consommation de viande en France

2 mars, 2026

Il est possible d’établir une synthèse des principales tendances et données clés concernant la consommation de viande en France en 2024.

Selon le rapport de FranceAgriMer, la consommation totale de viande en France a augmenté de 2,4 % en 2024, après un repli en 2023. Elle atteint 85 kg équivalent-carcasse par habitant, un niveau proche de celui de 2016. Cette hausse est principalement portée par la viande de volaille, dont la consommation rattrape désormais celle de porc.

Par type de viande la ventilation est la suivante

  • Volailles : forte croissance de 7,1 %, avec une consommation de poulet en tête (29 % de la consommation totale de viande). Le canard connaît un rebond marqué (+36,7 %), tandis que la dinde continue de reculer.
  • Porc : stabilité globale (+1,4 %), mais sa part dans la consommation totale diminue sur 20 ans (36 % en 2024 contre 40 % en 2004).
  • Bovins : baisse continue (-1,9 %), avec une consommation par habitant au plus bas depuis 20 ans (20,8 kg équivalent-carcasse).
  • Ovins : recul accentué (-4 %), avec une consommation par habitant de 2,1 kg équivalent-carcasse.

Où sont passés les ovins ?

Ovins dans un espace naturel

Évolutions notables

  • Les importations de viande ont légèrement augmenté (+38 000 tonnes), mais leur part dans la consommation reste stable.
  • Les achats des ménages pour la consommation à domicile se stabilisent (-0,1 %), avec une baisse des viandes de boucherie (-2,3 %) compensée par la hausse des volailles (+4,9 %).
  • Les prix des volailles baissent (-3,1 %), ce qui favorise leur consommation, tandis que les viandes de boucherie restent chères (+0,6 %).

Tendances de consommation

  • Les produits élaborés (steak haché, escalopes) gagnent en popularité, au détriment des morceaux traditionnels.
  • La viande hachée résiste mieux grâce à des prix plus stables.
  • La demande de praticité (découpes, produits prêts à cuire) influence les choix des consommateurs.

La hausse des prix en 2023 a modifié les comportements d’achat, avec un report vers les volailles, moins chères. En 2024, l’inflation ralentit, mais les habitudes semblent durablement changées. Une alimentation plus durable est en train de s’installer dans le paysage français.

Une analyse des tendances de long terme (2004–2024) sur la consommation de viande en France, basée sur le rapport nous amène aux conclusions suivantes :

Baisse structurelle de la viande de boucherie

  • La part de la viande de boucherie (bovins, ovins, porcins) dans la consommation totale recule régulièrement, passant de 70 % en 2004 à 63 % en 2024.
  • Viande bovine : sa consommation par habitant chute de 30 % en 20 ans (30 kg équivalent-carcasse en 2004 contre 20,8 kg en 2024), sous l’effet conjugué de la hausse des prix, des préoccupations sanitaires et environnementales, et de l’évolution des modes de vie.
  • Viande ovine : divisée par deux en volume depuis 2004, elle ne représente plus que 2,5 % de la consommation totale, contre 4 % il y a 20 ans.

Essor continu des volailles

Volailles en batterie

  • Leur part passe de 25 % à 36 % en 20 ans, avec une progression marquée du poulet (24,5 kg/habitant en 2024, contre 12 kg en 2004).
  • Les volailles bénéficient d’un prix plus accessible, d’une image perçue comme plus saine et d’une offre adaptée aux nouvelles attentes (praticité, découpes).
  • Le canard, après des crises sanitaires (influenza aviaire), retrouve un niveau proche de sa moyenne historique, mais reste en dessous des pics des années 2010.

Stagnation relative du porc

  • Malgré des fluctuations annuelles, sa consommation globale reste stable en volume (environ 2,1–2,2 millions de tonnes équivalent-carcasse).
  • Cependant, sa part dans l’assiette des Français diminue (-4 points en 20 ans), rattrapée par les volailles en 2024.

Transformation des modes de consommation

  • Praticité : les produits élaborés (hachés, panés, plats préparés) progressent, tandis que les morceaux traditionnels (gigot, rôti) reculent.
  • Prix : l’écart de coût entre volailles et viandes rouges s’accentue, renforçant la substitution.
  • Importations : leur rôle reste crucial, surtout pour le poulet (près de 50 % de la consommation couverte par des importations), reflétant une dépendance accrue aux approvisionnements externes.

Les facteurs explicatifs sont de plusieurs ordres :

  • Économiques : l’inflation des années 2020–2024 a accéléré le report vers les protéines moins chères.
  • Sociétaux : la sensibilisation croissante aux enjeux de santé (réduction des viandes rouges) et d’environnement (empreinte carbone).
  • Offre : l’adaptation de la filière avicole aux demandes (découpes, labels), tandis que les filières bovine et ovine peinent à innover.

La tendance à la baisse des viandes rouges et à la hausse des volailles devrait se poursuivre, portée par des facteurs structurels (pouvoir d’achat, transition alimentaire). La viande de porc, bien qu’historiquement ancrée, pourrait continuer à perdre du terrain face à la volatilité des prix et aux alternatives végétales émergentes.

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