Qu’est-ce que l’écobuage ?
L’écobuage, ou brûlage pastoral dirigé, est une technique ancestrale d’entretien des espaces pastoraux par le feu. Réservée aux agriculteurs et éleveurs, cette pratique vise principalement à maintenir une ressource fourragère de qualité en éliminant les ligneux et les refus de pâturage. Elle permet ainsi de favoriser la repousse de l’herbe et d’améliorer les conditions de pâturage pour les troupeaux.
Un enjeu pour la qualité des sols
L’écobuage, s’il est maîtrisé, peut contribuer à enrichir les sols en minéraux et en nutriments, grâce à la combustion des végétaux qui libère des cendres riches en potasse et en phosphore. Cependant, une pratique excessive ou mal contrôlée risque de dégrader la structure du sol, de réduire sa capacité à retenir l’eau et d’appauvrir sa biodiversité microbienne. Une gestion raisonnée est donc essentielle pour préserver la fertilité des sols sur le long terme et éviter l’érosion, notamment dans les zones pentues où les Hautes-Pyrénées sont particulièrement exposées.
Conserver les haies, un atout pour la biodiversité
Les haies et les bosquets jouent un rôle clé dans l’équilibre écologique des zones pastorales. Ils abritent une faune et une flore diversifiées, servent de corridors biologiques et protègent les sols contre l’érosion. L’écobuage doit être pratiqué en veillant à préserver ces éléments paysagers, qui favorisent aussi la pollinisation et la régulation naturelle des ravageurs.

Leur suppression excessive fragilise les écosystèmes et réduit la résilience des milieux face aux changements climatiques.
Une pratique réglementée
Depuis les années 1990, une politique de maîtrise des écobuages est mise en œuvre dans les Hautes-Pyrénées, notamment grâce aux Commissions Locales d’Écobuages (CLE). Ces commissions examinent les déclarations des agriculteurs et éleveurs et formulent des avis techniques pour garantir la sécurité et la préservation de l’environnement.
Période autorisée
Les brûlages pastoraux dirigés sont autorisés du 1er novembre au 30 avril de l’année suivante, sur déclaration préalable. Certains brûlages spécifiques peuvent être réalisés du 1er au 31 octobre, sous conditions (voir l’arrêté préfectoral en vigueur).
Démarches obligatoires
1. Déclaration préalable
Toute incinération de végétaux sur pied ou coupés doit faire l’objet d’une déclaration en mairie ou sur la plateforme Géoportail (en cours de finalisation selon les informations dont nous disposons :
- 15 jours avant si la demande est examinée en CLE ;
- 1 mois avant dans les autres cas.
La mairie informe ensuite les pompiers, les gendarmes et les communes voisines.
2. Préparation du chantier
Avant tout écobuage, il est obligatoire de :
- Délimiter la zone à brûler ;
- Prévenir les propriétaires riverains situés à moins de 200 mètres ;
- Avertir la mairie et le SDIS (18 ou 112) le matin de la mise à feu, en précisant le lieu, le responsable et le numéro de chantier obtenu via la déclaration.
3. Surveillance et sécurité
Le responsable du brûlage doit :
- Assurer une surveillance permanente du feu avec des moyens humains et matériels adaptés ;
- Rester joignable par le SDIS à tout moment ;
- Signaliser la zone si elle se trouve à proximité d’un sentier de randonnée.

Sanctions en cas d’infraction
Le non-respect de la réglementation expose à des sanctions :
- Brûlage de déchets verts : 450 € (infraction de 3ème classe) ;
- Allumage de feu à moins de 200 mètres d’un terrain boisé : 750 € (infraction de 4ème classe) ;
- Incinération de végétaux sur pied à moins de 200 mètres d’un terrain boisé : 750 € (infraction de 4ème classe) ;
- Incendie involontaire de forêt ou de végétation : jusqu’à 3 750 € d’amende et 6 mois d’emprisonnement ;
- Incendie involontaire suivi d’inaction fautive : jusqu’à 7 500 € d’amende et 1 an d’emprisonnement.
Interdiction stricte du brûlage des déchets verts
Les déchets verts (tontes de pelouse, feuilles mortes, résidus de taille, etc.) sont considérés comme des déchets ménagers. Leur brûlage à l’air libre est strictement interdit par le règlement sanitaire départemental, car il génère une pollution importante (particules fines, gaz toxiques) et présente des risques d’incendie.
Pourtant, il existe des alternatives simples et efficaces : paillage, compostage ou broyage permettent de valoriser ces déchets sur place, en enrichissant les sols et en limitant les besoins en engrais. Brûler ces végétaux n’est donc ni utile, ni écologique, ni autorisé.r les randonneurs
En période d’écobuage, il est recommandé de :
- Consulter la carte nationale des brûlages dirigés (la carte nationale est en cours de finalisation et sera accessible d’ici fin 2026, conformément au décret n° 2024-405 du 29 avril 2024) ;
- Respecter les signalisations et les consignes de sécurité.
