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Le monde de l’entreprise et la Permaculture aujourd’hui et demain

La permaculture, longtemps cantonnée aux jardins et aux cercles militants, s’invite aujourd’hui dans les entreprises. Mais entre principes écologiques et logiques économiques, le dialogue reste difficile. Pourtant à l’instar des entreprises qui ont leurs fédérations professionnelles, la permaculture dispose aussi de la sienne. Elle a même son Université. Comment dépasser les craintes pour imaginer des modèles durables et régénératifs ?

Deux mondes, une même planète

La permaculture, souvent associée à l’image des jardiniers ou des « hippies », propose une approche systémique pour concevoir des environnements durables. Pourtant, son adoption par les entreprises soulève des défis majeurs. L’industrialisation, la dépendance aux énergies fossiles et la numérisation ont créé des modèles économiques souvent incompatibles avec les principes écologiques. Plus une structure est grande, plus elle concentre des ressources sur un espace restreint, ce qui, en termes naturels, équivaut à de la pollution.

 

Ce constat n’est pas une accusation, mais une réalité écologique : nos avancées civilisationnelles ont un coût environnemental. Face à la complexité croissante du monde et aux crises répétées, les organisations se tournent vers des conseillers en permaculture. En théorie, cette science des systèmes vivants et de la coopération offre des outils adaptés aux défis actuels.

Des solutions « clés en main » aux échecs annoncés

Dans les faits, la rencontre entre permaculture et entreprise a souvent été superficielle. D’un côté, les conseillers y voyaient une opportunité de vendre des formations ou des installations (bacs potagers, arbres, plantes comestibles). De l’autre, les entreprises cherchaient des solutions rapides, parfois par conviction, parfois pour des raisons d’image.

Résultat ? Des initiatives vouées à l’échec. Non par manque de bonne volonté, mais par absence de processus. Sans analyse approfondie des besoins, des manques et des problèmes structurels, il est impossible de proposer des solutions réalistes et sur mesure. La transparence et la coopération à toutes les échelles sont indispensables. On en parle aussi dans Durablissime.

Repenser l’entreprise : de l’audit à l’action régénérative

Pour initier une transition écologique, il faut commencer par un audit complet : empreinte des ressources, coproduits générés, impact du personnel sur l’écosystème local, etc. La permaculture prône des systèmes régénératifs, capables de produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment, tout en enrichissant leur environnement.

La BPIFrance l’a bien compris car elle déploie sa propre communication et incite les entreprises à inscrire cette priorité dans leur politique RSE. Rien que ça !

Transposé au monde de l’entreprise, cela signifie :

  • Gérer les flux de ressources et de coproduits en interne ou en partenariat local.
  • Résoudre les externalités négatives sur place, ou en collaboration avec des acteurs proches.
  • Créer des structures manquantes si nécessaire, et soutenir leur développement.

L’achat de crédits carbone, par exemple, reste une externalité positive, mais ne résout pas la question de la responsabilité locale.

L’entreprise du futur : ancrée et collaborative

L’entreprise de demain devra être ancrée dans son milieu, avec des boucles de rétroaction multiples. Elle devra comprendre son impact social et écologique, et chercher à générer des effets positifs. Cela passe par :

  • L’économie circulaire et les partenariats régénératifs.
  • La création de valeur partagée avec les communautés locales.
  • Une éthique de responsabilité, loin des solutions cosmétiques.

Demain tous jardiniers

Pour illustrer ces principes, le reportage d’Andrew Millison sur l’initiative de Suhana est une source d’inspiration. Ce projet aborde des thématiques variées : dépollution, énergies locales, constructions passives, gestion de l’eau, recharge des nappes phréatiques, production alimentaire diversifiée, éthique et RSE.

👉 À visionner ici : Reportage d’Andrew Millison


Selon Colin Radulescu, la permaculture et l’entreprise ne sont pas incompatibles. Mais pour réussir leur mariage, il faut dépasser les solutions superficielles et s’engager dans une transformation profonde, collaborative et ancrée dans le réel.

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