Depuis l’annonce présidentielle de novembre 2022, les RER métropolitains sont devenus le symbole d’une mobilité plus verte, plus équitable, et mieux adaptée aux réalités du quotidien.
Il est vrai que Le secteur des transports est le principal contributeur aux émissions de gaz à effet de serre en France, représentant 31% du total, surpassant ainsi les bâtiments, l’agriculture et l’industrie, qui sont à égalité. Au sein de ce secteur, les voitures sont responsables de plus de la moitié des émissions.
En effet, la voiture personnelle est le mode de transport quotidien privilégié pour 72% des Français. Pourtant, 47% d’entre eux estiment que certains de leurs trajets quotidiens pourraient être effectués à vélo, une alternative pertinente puisque la moitié des déplacements en France couvrent moins de 5 km. Un trajet de 5 km en voiture émet déjà plus d’1 kg de CO2, principalement en raison du poids du véhicule, qui consomme beaucoup d’énergie simplement pour se déplacer.
Pour les trajets plus longs, il n’est pas surprenant de constater que l’avion émet bien plus que le train. Par exemple, l’impact climatique d’un vol est environ 200 fois supérieur à celui d’un trajet en TGV pour une destination similaire en France ou en Europe.
Inspiré du succès du RER francilien, ce modèle vise à offrir dans les grandes agglomérations françaises une alternative crédible à la voiture, avec des trains cadencés, accessibles et interconnectés, capables de désaturer les axes routiers et de désenclaver les périphéries.
Treize métropoles ont été identifiées comme prioritaires
Lyon, Bordeaux, Marseille, Lille, Toulouse, Nantes, Strasbourg, mais aussi Grenoble, Rennes, Clermont-Ferrand, Rouen, Toulon et Nancy. Partout, l’objectif est clair : renforcer l’existant (souvent des lignes TER ou des tram-Trains), améliorer la régularité, développer des pôles d’échanges multimodaux, et mieux coordonner les horaires, les tarifs et les services.
Mais sur le terrain, les avancées sont encore timides.

À Bordeaux, la Région Nouvelle-Aquitaine a lancé un plan de densification des dessertes TER, et une
intégration tarifaire avec le réseau TBM est à l’étude. À Lyon, la Métropole et la Région Auvergne-
Rhône-Alpes s’accordent sur le besoin d’un réseau express performant, mais se heurtent à des tensions
de gouvernance et au poids des investissements nécessaires. À Lille, le réseau TER Hauts-de-France,
déjà dense, offre un socle solide mais nécessite des modernisations lourdes.
Car le nerf de la guerre, c’est bien le financement.
Le gouvernement a promis 1 milliard d’euros via le plan France Nation Verte, mais les estimations réelles pour déployer pleinement ces RER métropolitains dépassent les 10 milliards d’euros, voire davantage selon les territoires. Les Régions, autorités organisatrices des TER, devront prendre une large part du fardeau financier, aux côtés de l’État, des Métropoles et parfois des Départements. Or, la répartition des responsabilités reste floue, et les collectivités réclament une gouvernance stable, lisible et partagée.
Malgré ces freins, les bénéfices potentiels sont majeurs
Sur le plan écologique, les transports représentent encore 30 % des émissions de gaz à effet de serre, dont la majorité provient des trajets du quotidien en voiture. En facilitant l’accès à des transports collectifs fiables et réguliers, les RER métropolitains pourraient réduire fortement l’empreinte carbone des déplacements domicile-travail. Sur le plan social, ils répondent à une urgence croissante : celle des Français contraints d’habiter loin des centres pour des raisons de coût, mais dépendants de la voiture pour vivre et travailler. La mobilité décarbonée c’est aussi un chemin.

Pour réussir, ces RER ne devront pas se limiter à des effets d’annonce. Il faudra moderniser les infrastructures, améliorer la ponctualité des trains, recruter massivement dans les métiers ferroviaires, et accompagner les usagers avec des solutions simples, lisibles et attractives. Voici quelques pistes détaillées :
- simplicité et clarté
- La ville de strasbourg a mis en place un système de location de vélos en libre-service, le vélhop, qui est simple d’utilisation grâce à une application intuitive. les tarifs sont clairs et accessibles, ce qui encourage les habitants à utiliser ce moyen de transport écologique.
- outils pédagogiques
- A lyon, des ateliers sont organisés pour apprendre à utiliser les transports en commun de manière optimale. des guides pratiques et des vidéos tutoriels sont également disponibles en ligne pour aider les usagers à se familiariser avec les différentes options de mobilité.
- incitations et récompenses
- La région île-de-france propose des abonnements à tarif réduit pour les jeunes et les seniors, ainsi que des programmes de fidélité pour les utilisateurs réguliers des transports en commun. ces incitations financières rendent les alternatives à la voiture personnelle plus attractives.
- technologie et applications
- L’application citymapper, utilisée dans plusieurs grandes villes comme Paris et Londres, offre des itinéraires en temps réel en combinant différents modes de transport (métro, bus, vélo, marche). elle fournit également des informations sur les temps d’attente et les perturbations, ce qui facilite grandement les déplacements.
- accompagnement personnalisé
- Certaines entreprises proposent des plans de mobilité personnalisés pour leurs employés, incluant des conseils sur les trajets les plus efficaces et les options de covoiturage. ces plans sont souvent élaborés en collaboration avec des experts en mobilité.
- retours et amélioration continue
- La ville de Nantes a mis en place un système de feedback en ligne où les usagers peuvent signaler des problèmes et suggérer des améliorations pour les services de transport. ces retours sont régulièrement analysés et utilisés pour améliorer l’offre de mobilité.
- exemples concrets et témoignages
- Des campagnes de communication mettant en avant des témoignages d’usagers satisfaits peuvent être très efficaces. par exemple, des vidéos montrant des familles utilisant les transports en commun pour leurs déplacements quotidiens et partageant leurs expériences positives.
- collaboration et partenariats
- La collaboration entre les autorités locales, les entreprises de transport et les associations de quartiers peut conduire à des solutions innovantes. par exemple, à bordeaux, des partenariats avec des entreprises locales ont permis de développer des navettes électriques gratuites pour les employés.
En combinant ces approches, il est possible de créer un écosystème de mobilité qui répond aux besoins des usagers tout en étant durable et efficace. ces exemples concrets montrent que des solutions attractives et accessibles existent et peuvent être mises en œuvre avec succès.

Plus qu’un simple projet de transport, le RER métropolitain pose la question de notre modèle
d’aménagement du territoire : voulons-nous une France des métropoles engorgées et des périphéries
oubliées, ou une mobilité du quotidien, durable, équitable et partagée ? La réponse dépendra autant
des moyens engagés que de la volonté politique à long terme.
